lundi 30 août 2010

Génocides, gynocides, journalicides et petites magouilles entre amis

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Les adivasis -en sanskrit "habitants d'origine"- de l'Inde sont une "minorité" importante de la population (68 millions tout de même) souvent chrétienne, considérée comme "intouchables", primitive, vivant dans des régions reculées qui ont été totalement ignorés des autres Indiens jusqu'à la période britannique. La dégradation écologique entraînée par l'agriculture intensive destructives de leurs forêts est une catastrophe pour eux et les conduit à la misère, malnutrition...etc.. Ils constituent 8 % des indiens.

 

La majeure partie vit sur les contreforts de l'Himalaya où 90 % de la population est aborigène. Les critères établissant le "statut" tribal plutôt que celui de caste sont flous : langue, organisation sociale, religion, modèles économiques, situation géographique et auto-identification... cela permet toutes sortes d'interprétations et nous allons voir le résultat de ce système absurde et pire qu'injuste.  

Ils tendent à former des unités économiques auto suffisantes, pratiquant la culture vivrière, respectant la forêt et pour eux, les droits d'utilisation du sol dérivent simplement et traditionnellement de leur appartenance tribale à ce sol : ils le travaillent et y ont toujours vécu. Leur société tend à être égalitaire -sauf chez les gonds- et la position de chef est légitimée par sa valeur et non par son hérédité. Les religions n'ont aucune autorité en dehors de la tribu. 


La langue n'est pas toujours un indicateur précis du statut tribal  -c'est à dire d'intouchable ou de "dalit" comme ils s'appellent entre eux- dans les régions qui ont connu un grand brassage de population, où nombre de groupes ont perdu leurs langues et parlent maintenant une langue locale, régionale ou un pidgin voire pour les plus instruits le hindi puis l'anglais... d'où la difficulté à définir clairement le "tribal" et le "non tribal"... gênante dans une société qui a érigé la caste comme fondement de toute valeur humaine. Dalit, pas dalit ? Ils sont dalits.
Leurs pratiques traditionnelles et eux-mêmes en général sont considérées comme impures... même s'ils tentent de s'intégrer dans le système par des conversions religieuses. Depuis l'indépendance, les "avantages" spéciaux accordés aux aborigènes freinent cette tendance, de toutes manières jamais aboutie.
 

Les premières écoles ouvertes dans les régions tribales furent des écoles missionnaires chrétiennes -évangéliques-, puis, des collèges, lycées et instituts universitaires. Complètement ignorés par les autorités anglaises qui divisèrent le pays sans souci des entités géographiques tribales, les groupes tribaux se firent mieux entendre du gouvernement indien après l'indépendance de 1947 et des places furent progressivement réservées pour leurs enfants dans les établissements scolaires et universitaires d'État, avec des résultats mitigés par manque de moyens. Dans la plupart des écoles tribales, les enfants suivent généralement les trois ou quatre premières années -la primaire- mais peu d'entre eux continuent jusqu'en troisième et au lycée car la misère les contraint à travailler dans les champs.

Le système éducatif a toutefois permis dans certains cas de former un corps composé de membres des populations tribales occupant des professions hautement qualifiées et des postes administratifs de haut rang.

 

La plupart des tribus aborigènes sont concentrées dans des secteurs forestiers inaccessibles et d'un intérêt politique ou économique limité. Leur économie caractérisée par une agriculture de subsistance, la chasse et la cueillette, traditionnellement, ils cantonnaient leur contact avec l'extérieur à  l'échange de quelques produits de première nécessité comme le sel, le fer et  des ustensiles de cuisine.

Mais au début du XXe siècle, de grands secteurs géographiques, autrefois dominés par les aborigènes tombent entre les mains de "non tribaux" du fait de l'ouverture de voies de communication et vers 1900, beaucoup de régions autrefois isolées s'ouvrent à l'implantation de cultivateurs par le gouvernement colonial... et ....
les migrants reçoivent alors un titre de propriété en échange de la mise en culture... de terres appartenant aux aborigènes (!)
Pour ceux-ci comme pour les Indiens de manière générale, la terre était considérée comme une ressource commune libre d'utilisation pour celui qui avait besoin d'elle pour sa subsistance -contre le paiement d'une taxe au souverain.- L'introduction par les britanniques de la notion de propriété concernant la terre va avoir pour conséquence la constitution d'une classe de riches propriétaires terriens et d'une autre d'usuriers qui vont être la source d'un appauvrissement des campagnes indiennes. 


 Avant que les aborigènes ne comprennent la nécessité d'obtenir des titres de propriété formels, ce qui de toutes manières leur était  impossible -ou suicidaire- ils avaient perdu l'occasion de prétendre à la propriété des terres qui étaient leurs. 

Cela prit de telles proportions que les gouvernements finirent par interdire la vente des terres tribales... et des terres furent rendues aux aborigènes, souvent en dépit de l'obstruction de la police et des fonctionnaires locaux -et des combats ou lynchages.-





Au cours des années 70, la pression sur les terres tribales a connu une augmentation, particulièrement en Inde centrale. Les migrations sur les terres tribales ont augmenté considérablement, au fur et à mesure des spoliations de celles-ci au moyen de nombreuses méthodes comme le remboursement de "dettes" ou la corruption des fonctionnaires cadastraux. Certains groupes non tribaux se sont approprié les terres en s'y installant sans droit, faisant ensuite pression auprès des gouvernements pour être reconnus comme "populations tribales" et entrer en concurrence avec les tribus qui les occupaient depuis des temps immémoriaux. 

Beaucoup d'aborigènes sont ainsi devenus des ouvriers agricoles sans terre et des régions qui étaient, quelques années plus tôt, le domaine exclusif des tribus possèdent maintenant une population de plus en plus mélangée. Les efforts des gouvernements pour expulser les membres non tribaux des terres occupées illégalement sont rudes et de plus, lorsque les expulsions se produisent, les nouveaux dépossédés sont généralement des membres des castes inférieures les plus pauvres.



L'amélioration des communications, la construction de routes carrossables et une intervention plus fréquente des gouvernements ont entraîné un contact accru des aborigènes avec les étrangers qui accèdent maintenant à leurs régions...  ce qui fut loin d'être bon pour eux.

Car au cours des années 1960 et 1970, l'installation de commerçants non aborigènes très courante dans nombre de villages tribaux a fait que ceux-ci vendant souvent ses marchandises à crédit, avec un taux d'intérêt élevé, beaucoup d'aborigènes se sont fortement endettés et ont dû hypothéquer leur terre. Ces négociants encouragent également les aborigènes à abandonner les cultures vivrières pour des cultures industrielles comme le coton ou le ricin, ce qui augmente leur dépendance à l'égard du marché pour les produits de base. L'endettement est si étendu que, bien que de telles transactions soient illégales, les commerçants vendent parfois leurs débiteurs à d'autres négociants, les réduisant ainsi quasiment au statut d'esclaves et que les suicides d'agriculteurs sont devenus une plaie nationale.





Les tribus des contreforts de l'Himalaya n'ont pas été aussi malmenées par les intrusions de colons. Historiquement, leur statut politique a toujours été différent et aucun empire n'a réussi à imposer sa suzeraineté sur ces régions. Les britanniques, dans leurs efforts pour protéger la frontière sensible du nord-est contre l'avancée de la Russie tsariste, mirent en place une politique de frontière intérieure, les non-aborigènes n'étant ainsi autorisés à se rendre dans ces zones qu'après délivrance d'une permission spéciale. 

 

Les gouvernements de l'Inde indépendante ont continué cette politique, protégeant les tribus himalayennes comme éléments de leur stratégie pour sécuriser la frontière avec la Chine.

Mais les politiques gouvernementales sur les réserves forestières ont profondément affecté la vie des aborigènes, les poussant parfois à une résistance armée désespérée et futile. L'exploitation intensive des forêts, rendue possible par la corruption de fonctionnaires locaux, a souvent autorisé des étrangers à faire des coupes importantes alors que les prélèvements des aborigènes étaient fortement réglementés, et a entraîné le remplacement de forêts à la flore riche qui permettaient la perpétuation de la vie tribale, par des plantations de monoculture qui les exanguine.





La situation est très différente dans le nord-est où les aborigènes contrôlent le commerce et occupent la plupart des postes administratifs de base. Les projets de construction du gouvernement dans la région ont fourni à certains une source significative de revenus et quelques tribus ont accompli de grands et rapides progrès grâce au système éducatif  -grâce aux missionnaires enseignants-. L'instruction commencée en assamais était poursuivie en hindî ; l'anglais en 90 a commencé à être enseigné à tous les niveaux et les aborigènes de ces régions ont pu profiter et profitent toujours d'une certaine amélioration de leurs conditions de vie.


Ce n'est pas le cas des autres. Voir le lien précédent.



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